Le "Quanto syllabique:"

  
METRIQUE POÉTIQUE ARABE ET RYTHMIQUE BICHRONE  AU YEMEN (2002e)

 

 

Longtemps chez les théoriciens de la musique arabe, la métrique poétique a servi de modèle à l’analyse du rythme, notamment chez Avicenne. Puis ce modèle a été progressivement abandonné pour un outil mathématique plus performant. Or une archéologie des relations entre métrique poétique et rythmique musicale permet de redécouvrir dans les musiques contemporaines, notamment au Yémen, des formes où métrique et rythmique font simultanément appel à la même structure, que les spécialistes de métrique arabe ont appelé "quantitative" (opposition entre un type de syllabe brève et un type de syllabe longue) et que les musicologues, avec Constantin Brailoiu, ont appelé "bichrone" (opposition entre cellules à deux et cellules à trois pulsations) (et souvent « aksak »). L'article explore ces relations successivement dans trois formes musicales :

- la psalmodie du Coran (sans cycle rythmique identifiable) ;

- deux formes de récitatif dans la poésie chantée yéménite, le samâ’ des Benî Maghrâ (Hadramawt) et le mawâl de la Tihama  ;

- le madîh, panégyrique du Prophète au Yémen, avec un cycle "aksak syllabique" de différents métrages possibles, mais toujours basé sur le schéma rajaz.

 

Soulignant les dimensions historique et cognitive de ce recouvrement entre métrique et rythmique, je l'appelle "quanto syllabique" pour le distinguer d'autres formes de convergence métrico-rythmique comme le "giusto syllabique" de Constantin Brailoiu (dans la poésie chantée roumaine), le « chant syllabique » zâmil au Yémen ou le « mètre syllabique » qarrâdî  au Liban.

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